0x0b.04 - Contrôle

La camionnette roulait depuis une demi-heure. Ils avaient passé quelques patrouilles sans que cela ne leur pose de problèmes.

fsHH @ pixabay
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Le fait qu’ils aient d’abord traversé la vallée à pied avait, d’un côté, permis à l’Académie de s’organiser, mais de l’autre, avait augmenté la zone de recherche. Et du coup, l’Académie avait dû diviser ses forces.

La camionnette s’arrêta encore une fois. Les moyens dont disposait l’Académie étaient énormes. Encore une fois, Kwier présenta ses faux papiers de chauffeur au garde. Mais cette fois, le garde ne se contenta pas de juste acquiescer. Il fit arrêter la camionnette. Le stress monta d’un cran à l’arrière.

Lors des autres arrêts, personne n’avait vu que la camionnette transportait six personnes derrière.

— « Calmez-vous, dit Erin. Votre stress est tellement palpable qu’il va avoir des soupçons. »

La porte à l’arrière s’ouvrit. Le garde, muni d’une mitrailleuse demanda :

— « C’est qui ceux-là ?

— C’est mes employés, répondit Kwier, sans se démonter. Ils sont là pour m’aider à charger les caisses de fourniture. Vous ne pensez quand même pas que je vais tout décharger tout seul ? »

— « Même les filles ? Et puis, vous allez les mettre où, vos caisses. Ils prennent toute la place, vos gars… Et ça ne fait pas un peu beaucoup de bras pour pas grand-chose ? rétorqua-t-il.

— On m’a demandé que ça soit rapide, donc je prends du monde. Si ça vous plaît pas, vous pouvez toujours venir nous aider à décharger. »

Le garde passa devant Zara. Elle regardait ses pieds…

— « Vous savez que l’on cherche six personnes, tout comme eux? demanda le garde.

— Ouais, ben, pas de bol, vous savez pas compter, on est sept, répondit nonchalamment Kwier. Franchement, mon gars, vous avez pas autre chose à faire que nous embêter ? J’ai du boulot qui m’attend et j’ai pas envie d’y passer la nuit. En plus, on va me passer un savon si j’arrive en retard. »

Le garde passa ensuite devant Erin, et fit passer le bout de sa mitrailleuse dans ses cheveux.

— « Celle-là a des drôles de cheveux.

— Je vous permets pas de m’insulter, répondit Erin, du tac au tac. Je critique pas votre moustache moi ! »

Surpris par cet aplomb, le garde ressorti de la camionnette. Il s’attendait à ce que les fugitifs se trahissent par leur stress, et celle-ci n’avait pas vraiment l’air stressée. Plutôt en colère.

— « Ok, c’est vrai, ils ne ressemblent pas à la description que l’on m’a fait, finit-il par dire. Par contre, vous êtes louches quand même. Surtout ce soir. Je vais vous escorter jusqu’à votre dépôt de chargement.

— OK », répondit Kwier, à la grande surprise des autres.

Le garde remonta dans sa voiture, Kwier referma la porte et se remit au volant.

— « Ça va pas ? demanda Cerise. On va se faire prendre !

— Tu as une autre solution pour le moment ? répondit Kwier. Si on ne le suit pas, ça va faire louche. Mis à part lui taper dessus, je vois pas ce qui l’aurait empêché d’appeler du renfort si j’avais refusé de le suivre. Maudit soient-ils, lui et son excès de zèle !

— Et du coup, on va faire quoi ? demanda Pierre

— Improviser ? »