0x0d.05 - L'entrepôt

Nightowl fit un petit relooking à Quentin et Victor; elle leur appliqua un autobronzant, pour que leur teint soit halé et qu’ils puissent passer plus facilement pour des personnes habituées à travailler dehors. Comme ils ne s’étaient pas véritablement rasé depuis l’escapade de l’Académie, ce n’était pas plus mal. Nightowl posa des extensions de cheveux à Victor et des dreadlocks à Quentin. Cela pris pas mal de temps, mais à la fin, ils étaient méconnaissables.

tianya1223 @ pixabay
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Pendant que Nighowl et Cerise, faisaient de la coiffure, Pierre avait pris l’initiative de repeindre le fourgon et changer les plaques.

Quentin et Victor prirent place dans le fourgon et se dirigèrent vers le dépôt le plus proche. Une grosse demi-heure plus tard, ils y étaient. Il s’agissait d’un entrepôt assez excentré par rapport à l’Académie. C’tait une sorte de super plateforme à partir de laquelle les stocks étaient dispatchés en fonction de leur catégorie dans des entrepôts plus proches. Ils pourraient donc trouver tout ce dont ils auraient besoin ici.

Quentin présenta le document au vigile du portail, et on les laissa entrer. Ils se dirigèrent ensuite vers l’accueil. Le réceptionniste portait une oreillette de traduction instantanée. Tant mieux, la communication et la langue était toujours un problème dans les organisations internationales. Quentin s’approcha.

— « Bonjour, lança-t-il

— Bonjour. »

La personne ne sembla pas s’étonner que Quentin parle français. A force d’utiliser l’oreillette, personne ne faisait attention à la langue parlée... Quentin présenta le faux document

— « Je viens récupérer tout ce matériel pour l’Académie. Ils ont un besoin urgent pour un projet tout aussi urgent. Du coup, on passe par le circuit court et on vient tout chercher directement ici... On n’a pas de temps à perdre à faire le tour des entrepôts spécialisés, ou on va se faire gueuler dessus qu’on a été trop lents...

— OK mon gars. On a l’habitude. »

Le gars regarda un moment le papier que lui tendit Quentin.

— « Tiens, je croyais que M. Goljat, qui a signé ce document, n’était plus à l’Académie... En tout cas, ça fait un baille qu’on a pas eu de papier signé de lui. Je m’excuse, mais je dois faire viser ce document à mon chef avant de vous apporter le matériel. C’est la procédure»

Et il partit dans les bureaux derrière.

— «On fait quoi maintenant ? demanda Victor à Quentin. Ils vont se douter de quelque chose.

— On fait comme si on était réglos et qu’on ne faisait que ce qu’on nous demandait. Tant qu’on montre pas qu’on stress, y a pas de raison qu’ils soupçonne quoique ce soit.

— OK. Et si ça tourne mal ?

— On se barre en courant ? », répondit-il.

La personne revint.

— « OK, suivez-moi. Le chef veut vous voir. »

Victor et Quentin suivirent avec un calme qu’ils étaient loin de ressentir. On les mena jusqu’à une grande pièce climatisée à l’arrière du bâtiment. Derrière un immense bureau, le chef de service était en train de jeter un œil à leur papier.

— « Alors comme ça, on veut se servir dans les réserves de l’Académie? Écoutez, personne ne fait ça sans me laisser un petit quelque chose. Après tout, si ça se voit, c’est pour ma pomme ! Vos collègues ont au moins le bon sens de glisser directement un billet en même temps que leur document à mon mec à l’accueil, ça évite les confusions. On vous l’a pas dit ? »

Quentin et Victor mirent un peu de temps à comprendre. Apparemment, le chef les avait pris pour des profiteurs tentant de se servir gratos dans les stocks de l’Académie. À l’entendre, ça se faisait souvent. Victor sauta sur l’occasion.

— « On savait pas que ça marchait comme ça ici… Un petit billet et on en parle plus ?

— Mouais. Après tout, vous avez tenté votre chance. Si j’avais pas un gars regardant à l’accueil, ça aurait pu passer. Vous savez pas le nombre de personnes qui cherche à récupérer du matos gratos... Au final, ça me rapporte limite plus de fermer les yeux moyennant un petit quelque chose que le salaire qu’ils me donnent à gérer l’endroit. »

Victor tendit un billet. Celui-ci attendit… Victor ajouta un deuxième billet au chef.

— « OK, allez vous servir. N’oubliez pas d’en glisser un à mon gars à l’accueil au passage, tant qu’il a sa part, il dira rien! Allez, à la prochaine ! »

En sortant du bureau, Quentin félicita Victor.

— « Tu t’es débrouillé comme un chef ! J’ai mis du temps à comprendre ce qu’il nous voulait, mais toi, tu as sauté sur l’occasion, comme si c’était naturel, chapeau ! »

Ils récupérèrent le matériel et reprirent la direction du QG. C’était bon à savoir. S’ils avaient à nouveau besoin de quelque chose, ils pourraient peut-être revenir ici, enfin, tant que ce chef serait en poste.