0x13.01 - Test de l'implant

Aujourd’hui, Quentin allait tester son implant.

geralt @ pixabay
geralt @ pixabay

Il fallait bien le faire un jour ou l’autre, et le plus tôt serait le mieux. En présence des filles pour l’aiguiller sur la partie technique et de Fahim pour la partie médicale, rien ne pouvait mal se passer.

Et puis, il y avait une forte attente du côté de #freedomnia. Dès que l’implant serait testé, on pourrait commencer à en fabriquer de nouveaux et à opérer du monde. Et les volontaires se comptaient à la pelle.

— « J’aurais souhaité que tu aies un peu plus de temps, dit Erin.

— Oui, moi aussi, mais tu sais comme moi que l’on ne peut pas attendre, dit Quentin.

— Si on attend trop, les gens finiront par se demander pourquoi ils sont venus… Et en plus, ça ne changera rien.

— Heureusement, Victor et Alexis ont concocté un petit programme d’entraînement rien que pour toi », ajouta Cerise.

Quentin la regarda d’un air interrogateur.

— « Ben quoi ? Tu ne croyais quand même pas que tu allais te lancer directement sur le réseau. Bien que totalement isolé du net et sécurisé, ça resterait super dangereux. Il faut d’abord que tu arrives à te déplacer dans le monde virtuel et à te servir parfaitement de l’implant. Pour le moment, tu vas faire comme on a fait, à l’Académie, tu vas te servir de ton implant comme d’une interface de réalité virtuelle. Ce ne sera que lorsque tu auras totalement maîtrisé ça, que l’on pourra se passer du programme d’entraînement et que tu pourras faire tes premiers pas sur le réseau.

— Oui, c’est comme ça qu’on a fait nous aussi, dit Erin. Et ce n’est pas forcément une mauvaise idée. Dans le programme d’entraînement, tu ne risques pas grand-chose. Ton implant n’agira que comme un périphérique de réalité virtuel, mais en un peu plus avancé. Du coup, même en cas de déconnexion intempestive tu ne risqueras rien.

— Du moins, en théorie », tenta d’ironiser Cerise.

Erin et Quentin la regardèrent bizarrement. Cerise éclata de rire en regardant leur tête.

— « OK, OK, c’était pas drôle. Je tentais juste de détendre l’atmosphère. Bah, moi, j’ai totalement confiance en Pierre et son équipe. Tu sais, Pierre n’a pas été sélectionné à l’Académie pour rien. Il est extrêmement doué.

— Alors, commençons », dit simplement Quentin.

Sa première séance d’essai fut concluante. Déjà, l’implant répondait bien. C’était ce qui les avait inquiétés le plus. Ensuite, Quentin était très doué pour beaucoup de choses, et cette fois, ce fut encore le cas. Il n’eut aucune difficulté à naviguer dans le programme d’entraînement conçu par Victor et Alexis.

— « Tu sais, il y a des élèves qui n’ont même pas réussi à progresser dans l’environnement virtuel, le premier jour, dit Erin.

— Oui, mais moi, je suis plus que motivé.

— On va augmenter la difficulté », dit Cerise.

On passa à la suite du programme. Différentes salles d’entraînement s’enchaînèrent. Il y avait eu celle pour apprendre à se déplacer, il y en eut avec des parcours d’obstacle, pour l’agilité.

Quentin progressait très vite. Cette suite de programmes avait pris beaucoup de temps aux étudiants de l’Académie… En même temps, l’Académie ne faisait pas de cours différenciés. On avançait au rythme prévu par le professeur. Et si la compétence était déjà acquise, tant pis pour l’élève en avance.

Ici, Quentin pouvait avancer à son rythme. Et comme il était très doué en informatique, il avait rapidement eut le feeling pour maîtriser l’implant.

Enfin, il arriva à la dernière salle. Son principe était de sortir par le toit. Pour maîtriser totalement l’implant, et envisager de pouvoir naviguer directement dans le réseau, il fallait s’affranchir des limites physiques et des barrières que nous imposait notre esprit.

Celui-ci était tellement habitué à vivre avec la pesanteur, qu’il la recréait d’office dans l’environnement virtuel.

Quentin se heurta à sa première difficulté. Au bout d’un moment, il finit par quitter la simulation, assez frustré.

— « Je n’arriverais jamais à atteindre le haut de la salle, dit-il.

— Ne sois pas si défaitiste, ce matin, tu n’avais encore jamais utilisé l’implant, et là, tu déprimes parce que ça ne va pas assez vite.

— Oui, mais, déjà, je n’ai pas plusieurs mois devant moi. Pour le moment, vous êtes quatre à aller sur le réseau. Tant que l’on aura que quatre personnes maîtrisant l’implant, on ne pourra jamais retourner sur le réseau sans se faire choper.

— Pas faux. Mais dit toi aussi une chose. C’est que tu viens de montrer que l’implant que nous avons fabriqué fonctionne. Du coup, tous les volontaires pourront en avoir un. À partir de maintenant, on va pouvoir en créer plein d’autre, et avoir plein d’autres personnes qui s’entraînent.

— Oui…

— Oui, mais tu aurais voulu réussir ? C’est ça ?

— Oui…

— Tu sais, tu n’as rien à prouver. Tout le monde ici sait combien tu es compétent. Et puis, ce n’est que temporaire, tu n’as aucune raison de ne pas réussir. Il faut juste que tu libères ton esprit.

— Plus facile à dire qu’à faire.

— Oui, et c’est peut-être pour ça, au final, que l’Académie allait moins vite dans les sessions d’entraînement avec l’implant. Peut-être pour qu’à force, on soit dans l’état d’esprit qu’il fallait… Ou alors, c’est juste des boulets… Et si un élève va plus vite, ben tant pis pour lui… »

Erin réfléchit un moment. Elle ajouta en rigolant.

— « En fait, je pencherais plutôt pour la deuxième solution… »

Et ils se mirent à rire ensemble.

— « Franchement, Quentin. On a encore le temps. Même si tu avais réussi aujourd’hui, on ne serait pas retourné sur le réseau demain. On est trop peu nombreux, et une personne de plus ne change rien.

— Oui, c’est vrai, concéda-t-il un peu à contrecœur.

— Allez vient, on va aller voir Pierre, lui faire un retour et lui apporter les données que l’on a récupéré pendant que tu étais dans le programme. Il va pouvoir y jeter un oeil, et si tout lui semble OK, lui et son équipe vont pouvoir commencer à fabriquer plus d’implants.

— Oui, dit Cerise. Moi je passe voir Fahim et Zara, pour savoir s’ils ont besoin de quelque chose et pour leur dire qu’on risque d’avoir besoin de leurs services sous peu.

— Bonne idée, dit Quentin. Va voir Nightowl au passage, pour qu’elle commence à sélectionner les premiers volontaires. Plus vite on remplira les rangs, plus vite on pourra être de retour sur le réseau…

— Et plus vite, on pourra libérer tout le monde à l’Académie », dit Cerise.

Il y eut un moment de flottement. Tout le monde savait à qui Cerise pensait…

— « Cerise, dit Quentin. Je sais que tu as laissé quelqu’un là-bas. Mais il faut que tu sois consciente qu’il nous reste encore beaucoup de chemin avant de pouvoir libérer les personnes de l’Académie. Il faut qu’on forme du monde, qu’on apprenne à les libérer sur le réseau et qu’on les libère également physiquement.

— Oui, il faut beaucoup de moyens, que ce soit dans le monde virtuel ou dans le monde réel. Mais l’objectif est réalisable, continua Erin.

— Tout à fait ! Et je t’assure que c’est l’objectif prioritaire de #freedomnia. Libérez tous ces jeunes gens, qui n’avaient rien demandé, et qui se retrouvent à se battre sans le vouloir. Mais je voudrais juste que tu ne t’enflammes pas trop vite. On a trop besoin de toi.

— Merci les amis, dit Cerise. Bon, je vais voir Nightowl. »

Erin et Quentin restèrent seuls.

— « Elle sait que ça sera long, dit Erin. Mais elle est courageuse et intelligente. Elle sait très bien que s’il faut passer par d’autres étapes avant de libérer Phyl, il faut le faire, et que tout brusquer risque juste de nous mettre en danger, et de le mettre en danger également.

— Oui, mais je ne voulais pas qu’elle se fasse d’illusion. On est loin de notre objectif. Et Cerise a tendance à s’enflammer facilement.

— Oui, aussi. En tous cas, on a fait un pas en avant aujourd’hui, dit Erin, enthousiaste.

— Oui, et je compte bien en faire un autre. Allez ! Rallume moi le simulateur, je m’y remets un peu, pendant ce temps, va voir Pierre.

— OK… En cas de quoi que ce soit, tu sais que tu peux arrêter la simulation de l’intérieur à tout moment.

— Je compte bien l’arrêter en passant par la petite porte en haut, lui répondit-il en faisant un clin d’œil. Bon, allez, file, vas voir Pierre et les autres, sinon, je vais pas vouloir te laisser partir. »