Incoming transmission

Les arsouyes à la radio

Divulgâchage : Il y a quelques jours, j'ai eu l'honneur d'être l'invité du 13/14 de France Inter... Ça a été une super expérience et plutôt que soûler mon entourage avec cette histoire, je me suis dit qu'un Retex pourrait vous intéresser...

Vendredi, Aryliin reçoit un message d’une journaliste1 de France Inter qui cherche une intervenante pour répondre à des questions sur la sécurité des caméras de surveillance. Ça fait maintenant presque 6 ans qu’elle est inscrite sur les expertes et reçoit régulièrement des sollicitations. Sauf qu’il est tard lorsqu’elle s’en rend compte... ça peut attendre lundi.

Lundi matin, lorsque la journaliste précise qu’il s’agit d’un direct de 15 minutes, Aryliin préfère décliner. Elle n’aime pas cet exercice2. Quand la journaliste lui demande si elle connaît quelqu’un qui pourrait s’y coller, elle envoie l’équipe B et glisse mon nom.

Inter is Coming

Une demi-heure plus tard, la journaliste me contacte pour savoir si je suis partant pour une interview de 15 minutes sur le sujet des caméras de surveillance. Comme c’est assez vaste on discute un peu pour préciser le sujet, l’angle et ce que je peux apporter. Elle me demande si je suis dispo mardi 13h30 (oui3) et si je peux me rendre aux studios de Ici Herault (oui, je préfère4).

Peu avant midi je reçois un SMS de confirmation. Sa rédaction valide le sujet, l’angle et l’horaire. Elle me demande mon titre pour me présenter aux auditeurs… Je lui réponds qu’on peut simplifier en « expert judiciaire en informatique » mais que pour éviter de provoquer l’ire de confrères ou de juges tatillons sur cette question, ils peuvent aussi utiliser le titre complet5.

Début d’après-midi, le directeur technique d’Ici Hérault m’appelle pour confirmer qu’ils m’accueilleront. Il me donne quelques détails pour arriver et son numéro de téléphone pour l’appeler une fois sur place. Et on se dit « à demain »6.


Mardi matin, H3,5H - 3,5. La journaliste m’envoie la liste des questions. « Comme ça, pas de surprise ». Sous forme de script, il y a 23 questions. Je prends deux heures pour les travailler et leur trouver des réponses adaptées. On est sur une radio généraliste et l’intervention fera 15 minutes donc les réponses doivent être les plus claires possibles tout en étant relativement courtes. J’envoie mes réponses (pour eux) et je les imprime (pour moi).

Mardi midi… H1,5H-1,5. Il faudrait que je mange quelque chose avant de partir pour avoir de l’énergie pendant l’interview mais avec le stress qui monte, mon estomac m’informe gentiment qu’il a un droit de véto sur son contenu et n’hésitera pas à expulser tout ce qui ne lui plaira pas… Je prends un bol de céréales au lait.

Mardi midi et demi… H1H - 1. Le directeur technique m’attend à 13h15 pour les vérifications et il ne faut que 25 minutes pour faire le trajet donc on a de la marge. Mais j’anticipe des problèmes sur la route ou pour trouver à se garer alors je préfère qu’on parte maintenant. Le temps de se chausser, puis vérifier qu’on n'a rien oublié, et il est moins le quart… Aryliin prend le volant de la petite voiture (plus facile à garer). Au pire, elle me déposera devant le bâtiment et cherchera une place ensuite7.

Treize heures. L’émission vient de commencer et nous sommes à mi-chemin sur la route…


T30T-30. Nous nous garons au parking du polygone. C’est payant mais on préfère éviter de perdre du temps à chercher des places gratuites qui n’existent pas (ou seront trop loin). Je sais à peu près par où passer à pied pour aller aux studios mais avec le stress je veux couper et nous faisons un petit détour. Nous descendons finalement le Boulevard d’Antigone et voyons les studios et le logo « Ici Herault » sur l’une des fenêtres.

T25T-25. Je tente d’appeler le directeur technique comme convenu mais je tombe sur messagerie. Nous faisons le tour du bâtiment et trouvons l’entrée. Deuxième tentative d’appel mais toujours messagerie. Un employé d’une autre entreprise badge pour entrer, nous invite à le suivre et nous indique le patio vers les studios.

Trois journalistes y déjeunent et nous demandent si nous sommes les experts attendus pour le sujet sur le cancer colorectal… nous répondons que nous sommes informaticiens et venons pour France Inter à 13h30. Elles nous indiquent la porte des studios.

Troisième tentative d’appel, cette fois avec le portable d’Aryliin (sur lequel il nous avait appelé), ça sonne… Sauf qu’il est de l’autre côté de la porte vitrée et nous ouvre, pas besoin de décrocher…

T20T-20. On traverse l’open space où quelques journalistes travaillent. Puis un couloir et on arrive au studio proprement dit. La pièce ne doit pas faire plus de 6 mètres carrés et contient un bureau avec un PC, deux micros et deux chaises. Elle est insonorisée, physiquement isolée du reste du bâtiment. Je n’y ai pas fait attention alors je trébuche sur la marche. Le directeur technique s’assied à la console et tente de joindre ses collègues de France Inter à Paris.

T15T-15. La liaison est établie, on a le retour dans les casques. Le directeur nous laisse seuls (et nous indique où le trouver en cas de soucis).

On s’assied, j’installe mes feuilles sur le bureau et je tente de les relire sans y arriver… J’ai mal au ventre et les mains qui tremblent ; je sais que ce n’est que mon corps qui se prépare. Je me concentre sur ma respiration et laisse mon corps fabriquer l’adrénaline dont je vais avoir besoin. On patiente en écoutant l’émission qui se déroule et j’envoie un SMS à la journaliste pour confirmer qu’on est dans la place.

T10T-10. Une voix masculine dans le casque me demande si je l’entends, je confirme. Je m’ennuie et j’étouffe dans mes chaussures alors je les enlèves et enfin je respire. Je serais encore mieux pieds nus mais je garde les chaussettes. Je tente de relire mes notes pour m’occuper mais ça ne rentre pas alors je fais un petit exercice d’échauffement pour la diction que j’avais appris en primaire8.

Aryliin s’ennuie aussi ; elle avait pris un livre pour s’occuper mais on l’a oublié dans la voiture. On discuterait bien mais on ne sait pas si nos micros émettent et on ne veut pas faire de bêtises. Alors on se prend en photo ; c’est amusant et ça nous fera des souvenirs.

Les arsouyes à la radio

T5T-5. Une voix féminine dans le casque me demande si je l’entends et m’informe que mon intervention commence dans 5 minutes. Le PC devant moi n'est pas verrouillé et je meurs d’envie de jouer avec : il y a plein de fenêtres de logiciels qui ont l’air chouettes mais ce n’est pas le moment de casser la connexion9

Je mets mon téléphone en mode avion et je regarde mes notes, il est trop tard pour les relire et de toutes façons, ça ne servirait à rien.

Alea jacta est.

On Air

00:06 C’est devenu un objet de notre vie quotidienne, …

Le journaliste commence l’interview. Je prends une respiration zen, je centre mon esprit… Le monde autour de moi s’estompe.

00:39 Thibaut Henin, je vous présente, vous êtes […]

Le journaliste utilise la formule complète. Je souris intérieurement car je la trouve toujours aussi pompeuse. Il poursuit par l’invitation à participer pour les auditeurs, j’attends qu’il me pose la première question.

01:06 Je voudrais d’abord vous demander si vous avez été surpris [...]. Est-ce que n’importe qui peut avoir accès à ce type de réseau connecté ?

Le script prévoyait de commencer par ces deux questions mais le journaliste les a regroupées en une seule…

Suis-je surpris de l’utilisation des caméras ? Le matin, j’avais prévu de répondre simplement « non, ça fait partie de la palette du renseignement » mais cette réponse fait trop blazé et j’aimerais plutôt expliquer pourquoi cette surprise est légitime pour le public : le sujet est important historiquement. Alors je construis la nouvelle réponse dans ma tête et je me lance.

Je dois ensuite répondre à la deuxième question… N’importe qui peut y avoir accès ? Je me rappelle l’idée de la réponse que j’avais prévue. Valider que oui, n’importe qui peut y avoir accès mais surtout nuancer qu’il ne choisit pas a priori les cibles qu’il atteindra.

01:59 Alors d’abord la surprise […] peut être pour la première fois […] pour bombardement ou pour éliminer une personnalité ?

Comme prévu, le journaliste ne suit pas exactement le script mais s’adapte à la situation. Cette question n’y figure pas mais rebondit sur ma première réponse en me laissant l’opportunité de l’approfondir. J’apprécie. Il se concentre sur la surprise et s’interroge « est-ce la première fois ? », je vais répondre sur cet aspect-là.

Les questions suivantes reprennent le script et s’enchaînent sans problème. Je reprends les idées que j’avais prévues. Je les adapte pour le public.


04:13 Il n’y a pas un type de matériel fabriqué dans tel pays dont on sait qu’il est moins fiable que d’autres, moins sécurisé que d’autres ?

Bullet Time !

Au moment où j’entends « fabriqué dans tel pays » je prend conscience que la question n’est pas celle que j’ai préparée. Le script se demandait si « il y a des systèmes plus étanches que d’autres » (oui, ceux à jour et connectés à des réseaux privés). Le mot pays change complètement l’angle. Je vais devoir improviser la réponse, et le faire vite parce qu’on est en direct à la radio.

Heureusement, le journaliste prolonge sa question et m'offre ainsi un peu de temps pour y réfléchir. J'en grapille un peu en bonus en prenant une inspiration…

La Réponse Officielle du Mythe est évidente : éviter les chinois comme la peste et préférer des solutions françaises (ou éventuellement européennes). Sauf que je ne suis pas vraiment d’accord avec cette histoire.

Je ne veux pas citer la chine et les marques habituelles. J’ai rencontré des ingénieurs chinois (et d’autres nationalités) qui font un travail remarquable et pour qui j’ai beaucoup de respect. En plus, ça pourrait alimenter le débat xénophobe et je ne veux pas entrer dans ce jeu là.

Inversement, je ne veux pas citer la France. J’ai rencontré des entreprises françaises qui font un travail de sagouins10. En plus, je ne connais pas de marques et si ça se trouve, elles utilisent du matériel chinois dans leurs produits. En plus, ça pourrait alimenter le débat chauviniste,…

Au fur et à mesure, d’autres idées partent dans tous les sens… mon cerveau pédale dans la semoule… il faut pourtant que je me dépêche parce que mes pauses interminables vont finir par se voir et lasser l’auditeur…

04:29 D'accord, on parle souvent du matériel chinois qui aurait plus de failles que les autres, ça ce n'est pas forcément vrai, c'est ce que vous nous dites ?

Le journaliste reformule ma réponse et me demande s’il l’a bien comprise. Je n'étais peut-être pas très clair11. En tout cas j'étais trop abstrait et il m'offre une occasion de préciser ma pensée. Il faut que je formule une réponse plus simple.

Je vais commencer par énumérer des pays connus pour rééquilibrer la balance et profiter de ce temps bonus pour réfléchir à la suite de la réponse.

Techniquement, on pourrait utiliser les bases de données de vulnérabilités publiques puis les compter pour chaque marques et consolider par pays. Je ne peux pas faire ça maintenant mais je peux anticiper le résultat et le formuler.

Pendant ce temps, je réfléchis aux limites de cette méthode. On ne prend pas tout en compte : les vulnérabilités découvertes mais pas publiées, les portes dérobées installées à dessein et toutes les erreurs qu’on a pas encore vues. Mais ces éléments sont trop longs à expliquer, je n’aurai pas le temps (et parler de portes dérobées va faire dévier le débat).

Je respire pour gagner du temps et trouver une solution… Il faut que je résume tout ça simplement pour les auditeurs… Les caméras les plus vulnérables sont celles pour lesquelles on cherche le plus. 🎉

La question suivante reprend le script. Le temps reprend son cours normal.


09:46 Bonjour Jacqueline

Bullet Time !

On aborde les questions des auditeurs. Tout peut arriver. Je fais confiance aux modérateurs de France Inter pour filtrer les pénibles mais je n’ai aucune idée de la question qui va m’être posée…

Les auditeurs qui prennent la peine d’appeler doivent être entendus. Je leur dois une réponse pertinente. Pour ne pas être pris au dépourvu, je dois réfléchir à la réponse pendant que Jacqueline s’exprime.

09:50 Alors moi, […], les caméras […] je suis franchement pour.

C’est un point de vue personnel mais qui est représentatif d’une grande partie de la population. Mais que puis-je lui répondre ? Sans précision de sa part je risque de répondre à côté… j’espère très fort qu’elle va compléter sa pensée.

10:09 …la sécurité […] assurée…

Merci ! L’auditrice est angoissée par l’insécurité et considère que les caméras de surveillances participent à la réduction du crime.

Si on me donne la parole maintenant je pourrai nuancer l’intérêt réel des caméras (en puisant dans mon expérience des enquêtes criminelles), la nécessité d’une étude scientifique basée sur les statistiques réelles et éventuellement conclure par mon regret que le ministère de l’intérieur ne les communique pas. Je vais devoir adapter à la question qui me sera vraiment posée mais au moins j’ai de la matière première.

10:18 Et la perspective […] que des pirates […] puissent […] voir en direct ce qui se passe […] dans nos rues ?

Le journaliste recadre l’intervention de l’auditrice sur le thème de l’émission. Il la met devant une contradiction : elle veut des caméras pour être protégée mais ces caméras peuvent l’espionner…

De mon côté j’oublie ce que je viens de mettre en mémoire de travail car la question qui me sera posée ne portera pas sur ce thème mais plus sûrement sur cette contradiction. Je reste concentré.

10:27 […] Le monde dans lequel on vit […] être inquiets de partout […]

C’est beaucoup plus intéressant ; elle exprime un empilement d’inquiétudes qui l’angoisse. Si on me donne la parole, je pourrai valider son ressenti et expliquer que c’est normal et classique. Les systèmes de surveillances génèrent paradoxalement plus d’angoisse que de problèmes résolus (je peux citer le doppler fœtal à domicile qui parle à tout le monde).

10:44 Merci Jacqueline de nous avoir appelés.

Ça va bientôt être à moi de répondre à Jacqueline... le temps ralenti encore un peu plus…

10:47 Il y a un vrai risque pour la sécurité […] de personnalités…

Le journaliste reprend le script… j’oublie la réponse que j’ai préparé pour Jacqueline et je rappelle à mon esprit celle que j’ai préparée ce matin pour le journaliste, le temps reprend son cours normal.


13:03 Merci Thibaut Hénin d’avoir été avec nous […] 13h45 sur Inter.

L’interview est terminée. Je reprends doucement contact avec le monde réel.

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T+0T+0. Je suis surpris que ce soit déjà fini. J’étais dans le flow et il restait plein de questions super intéressantes. Dans mon esprit, j’ai dû mettre 5 minutes pour répondre sur la Chine, 5 minutes pour Jacqueline et pas plus de 10 minutes pour le total 12. Je regarde l’horloge du PC devant moi : 13h44.

T+1T+1. Une voix dans le casque me remercie pour ma participation et remercie les collègues de Montpellier pour le duplex. Je la remercie aussi et lui réponds que je transmettrai. On se dit au revoir.

Je pose le casque. Je retrouve Aryliin qui écoutait avec le deuxième casque et est restée à côté de moi. Je remets mes chaussures et nous quittons le studio.

Je trébuche. J'ai oublié que la pièce était isolée...

T+2T+2. Nous sortons dans le couloir à la recherche du directeur technique. Il n’est pas dans la salle de réunion, ni dans les bureaux suivants qui sont vides et on le retrouve quelques mètres plus loin.

Il s’inquiète de nous voir en dehors du studio ; France Inter avait demandé le duplex jusqu’à 14h alors il craint un incident technique. On le rassure : tout s’est bien passé, l’interview devait se terminer à 45. Ça l’arrange car il pourra préparer le duplex suivant qui doit démarrer à 14h.

Il nous fait sortir par une petite porte et on se dit au revoir.

T+5T+5. On remonte le boulevard d’Antigone et on commence à débriefer. Le stress est tombé et cette fois on ne se trompe plus pour retrouver notre chemin.

Comme avec Europe 1, je ressent une sensation de vide. Je viens de participer à un moment intense et ce moment se poursuit à la radio. Mais sans moi. J'ai participé à un relais, la course continue et je vois les athlètes s'éloigner.

T+15T+15. J’avais noté le numéro de place de parking sur le ticket, la voiture nous y attend. On débrief et je suis content de moi. L'émotion change, l'euphorie commence à venir. Aryliin prend le volant13

Sur le trajet, je reçois des SMS d’amis qui écoutaient la radio et m’ont reconnu. Ça fait plaisir. Je n’avais prévenu personne alors ils ont eu la surprise.

H+1H+1. On est rentrés, on a rangé nos affaires et on devrait en théorie retourner au travail…

Sauf que l’envie n’y est pas. On débrief encore un peu puis on s’occupe. Aryliin continue le livre qu’elle avait pris avec elle pour ne pas s’ennuyer sur place. De mon côté je tricote une nouvelle idée de talon de chaussette14.

H+4+ϵH+4+\epsilon. Les enfants rentrent de l’école, la vie de famille reprend ses droits.

Et après ?

C'était une super expérience. Le directeur technique a été très rassurant lorsque je lui ai dit que c’était ma première fois en studio. Et j’ai beaucoup apprécié les échanges avec le journaliste. Si vous me trouvez bon, c’est grâce à lui.

Très franchement, je suis plutôt fier de moi. C’est la première radio écoutée en France (cf. APCM) et je pensais être intervenant noyé dans un sujet sur les caméras de surveillance mais lorsque j’ai vu la page du replay, le titre du sujet, c’est moi... C’est une situation étrange pour moi mais j’avoue que ça fait du bien à l’égo.

Je dois aussi vous avouer que je n’ai vraiment écouté ce replay que deux jours plus tard... Avec l’impression que je garde de l’interview, la confrontation à la réalité est toujours un peu angoissante... Finalement je me suis lancé et ça va.

Comme on n’est pas sur les réseaux et qu’on avait prévenu personne, les retours ont été très peu nombreux. C’est normal ; seuls nos amis qui écoutaient vraiment la radio à ce moment-là on pu me reconnaître et m’envoyer un message. Et je trouve que ce n’est pas plus mal ; ça empêche de prendre la grosse tête.

C’est vrai que j’aimerais en parler à tout le monde autour de moi pour savourer ce souvenir encore une fois (ou peut être lui trouver un sens). Un peu comme Howard Wolowitz après son voyage dans l’espace qui soûle son entourage en ramenant tout à son exploit personnel. Mais c’est justement trop personnel pour être véritablement partagé. Heureusement, Howard fini par le comprendre.

Mais j'ai aussi vu des blogueurs qui ont beaucoup changé après leur passage dans les médias. Le temps d'un instant, ils ont été considérés comme la référence sur un sujet et ont fini par croire à leur propre mythe. Je ne veux pas finir comme eux.

J'ai rédigé ce retex pour clore cette aventure et me rappeler qu'il ne s'agit que d'une aventure. Chouette, inoubliable et je serai ravi si quelqu'un en retire quelque chose mais je dois me rappeler que ce n'était qu'un petit quart d'heure d'antenne.

So What

Miles Davis