En danger, les arsouyes ont besoin d’aide

aryliin , tbowan

30 Avril 2020

Après 14 ans de services, la crise du COVID-19 nous a heurté de plein fouet. Sans changements, nous devrons mettre fin à l’aventure. Pour l’éviter, nous avons besoin de votre aide, et plus important, de vos avis.

Nous avons débuté l’aventure à la fin de nos études universitaires. Dans notre appartement, derrière notre box ADSL, avec quelques machines récupérées nous avons commencé à construire notre propre réseau domestique. Brique après brique, service après service, nous avons fini par créer et auto-héberger notre site web, notre portail avec le cyberespace.

Entre 2007 et 2010, nous y avons surtout regroupé et publié des traductions de phrack en français (169 articles). La naissance de nos enfants et surtout nos emplois salariés ont mis un coup d’arrêt pendant les six années suivantes. Le redémarrage a été timide en 2017 (10 articles) et 2018 (6 articles) pour vraiment reprendre en 2019 (58 articles) et 2020 (23 articles fin avril).

16 mois de clics sur Google

Les efforts de ces 16 derniers mois ont porté leurs fruits et le site semble avoir rencontré son audience. Sur cette période, nous sommes passés de 10 à 120 clics par jour sur Google et de 30 à 1000 visiteurs par jour en moyenne. Certains articles marchent d’ailleurs plutôt bien si on considère notre TOP 51 :

  1. Porte dérobée via l’écran d’accueil Windows, 8047 visites.
  2. Éviter les injections de commandes en PHP, 4988 visites,
  3. Stocker les mots de passes de vos utilisateurs, 3834 visites,
  4. Quand un salarié supprime vos données, 3829 visites,
  5. Mettre en place une sauvegarde chez OVH avec Duplicity, 3819 visites,

Merci à vous tous pour votre attention et votre fidélité, ça nous va droit au cœur. Les timides et réservés que nous étions à l’époque n’auraient jamais imaginé arriver ici.

Nous aurions bien fêté avec vous ces 14 ans des arsouyes, créé le 14 avril 2006. Mais comme vous allez le comprendre rapidement, ces dernières semaines, l’esprit n’y était pas vraiment.

La crise du COVID-19

Ce nouveau virus est apparu en décembre 2019 en Chine, a tranquillement traversé le monde pour arriver en France fin janvier 2020 et véritablement explosé début mars. Par responsabilité sociale, nous nous sommes confinés avec quelques jours d’avance mais ça ne nous a pas protégé des conséquences économiques.

Illustration de Comfreak

Avec les enfants à la maison et la continuité pédagogique à assurer, nous travaillons à 50%. Alternant en fonction des besoins, nous ne pouvons pas assurer la même activité qu’habituellement.

Informaticiens, on peut télétravailler, nous sommes donc exclus des arrêts de travail. En effet, l’État considère que nous pouvons poursuivre nos expertises judiciaires (e.g. recherches d’images pédo-pornographiques) tout en faisant l’école à la maison pour nos enfants de 4 et 8 ans. Divulgâchage : non, on ne peut pas.

Avec l’ensemble des tribunaux en service minimum, aucune nouvelle expertise n’est ordonnée. Nous avons bon espoir d’en obtenir d’autres lorsque l’activité redémarrera, mais pour ça, il faudra attendre le déconfinement, donc plusieurs mois.

Les tribunaux payant leurs factures avec un certain délai, notre chiffre d’affaire mensuel est fortement décalé de nos activités. Mars 2020 est, paradoxalement, notre meilleur mois…

Comme si ça ne suffisait pas, un de nos gros clients2 a décidé de profiter de la crise de COVID-19 et des incertitudes économiques pour renégocier ses contrats de prestation. Pour résumer : à travail équivalent, la rémunération perd 35%. À prendre ou à laisser.

Notre activité étant récente et en croissance, nous ne pouvons prétendre à une baisse de 70% de chiffre d’affaire et sommes donc aussi exclu des aides aux indépendants…

Pour résumer, économiquement, les arsouyes sont dans la tempête.

Même si la plupart d’entre nous espèrent un déconfinement progressif le 11 mai, il suffit de regarder les courbes pour voir que d’ici là, nous aurons encore entre 100 et 200 morts par jour et qu’il faudrait en fait attendre fin juillet pour revenir à zéro. En étant optimiste.

Nombre quotidien de décès du COVID-19, moyenne sur 7 jours, ourworldindata.org

Sans compter les prochaines vagues épidémiques qui suivront et leurs confinements correspondants tant qu’on n’a pas de vaccin. Sans connaître l’ampleur de la reprise (ou pas), … La situation n’est donc pas prête de changer.

Note : ce n’est qu’un constat. Objectivement, notre situation est bien plus agréable que d’autres familles dont les parents doivent continuer de travailler en contact avec du public, ou celles confinées dans des appartements exigus, voir les deux.

Constat, on doit s’adapter

En 2019, nous avions fait le pari d’une synergie entre nos activités professionnelles et le site des arsouyes.

Les marges de nos missions nous permettant de dégager du temps pour rédiger les articles.

Ça a marché pendant un an et demi mais la crise que nous vivons tous actuellement nous montre clairement que ce modèle économique n’est plus viable et on ne peut plus continuer.

Illustration de derRenner

En l’espèce, nous n’avons que deux alternatives :

  1. Trouver de nouvelles missions pour dégager une rémunération et utiliser nos temps libres pour prospecter et trouver de nouveaux clients et d’autres missions. Un travail d’entrepreneurs très classique en somme mais qui ne nous permettra pas de maintenir le site des arsouyes.
  2. Valoriser notre audience pour vivre du site lui-même. Nous pourrions alors vous consacrer tout notre temps pour continuer à produire des contenus de qualité.

Sans surprise, on préférerait largement la deuxième solution et nous avons commencé à étudier les possibilités pour dégager une rémunération à partir d’un site web.

Avec 30 000 visiteurs par mois, il suffirait que chaque visiteur paye 10 centimes pour que nous poursuivions l’aventure.

Le problème, c’est que nous ne savons pas si cette valorisation est possible, viable et comment la conduire efficacement. Beaucoup de blogs annoncent des taux de conversion et de rémunération différents mais sans qu’on sache si a) l’auteur gonfle ses chiffres pour vendre plus de livres « devenez riche sans rien faire » ou si b) ses chiffres et ses visiteurs sont compatibles avec notre audience à nous.

Nous avons besoin de vos avis

C’est pour ça que nous lançons aujourd’hui cet appel à l’aide.

Illustration de Comfreak

En nous donnant vos avis, vous nous permettrez de déterminer si une valorisation du site est possible et comment la mettre en place pour rester en phase avec nos valeurs et les vôtres. Nous avons donc créé un sondage chez framaforms3 auquel vous pourrez répondre en ligne.

Répondre au sondage

Sans surprise, plus vous serez nombreux à y répondre, plus vos avis, quels qu’ils soient, auront de poids. N’hésitez donc pas à y répondre et à le partager autour de vous.


  1. Les nombres de visites sont comptabilisés du 2 juin 2019 au 29 avril 2020. Ne me demandez pas qui sont ces visiteurs, nous anonymisons leurs adresses.↩︎

  2. Même si ça nous démange énormément, et qu’on vous sent curieux, nous ne pouvons pas, légalement, vous dire qui c’est.↩︎

  3. Contrairement aux autres sites de formulaires, framaforms a l’immense avantage de respecter ses visiteurs.↩︎